Sommet de l'Union africaine : cap sur la zone de libre-échange continentale !

Une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement se réunissent ce 7 juillet à Niamey, au Niger, pour célébrer solennellement l’entrée en vigueur de la zone de libre-échange continental en Afrique (Zlec) qualifiée par le chef de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, d’ « avancée historique ». 



En effet, ce marché commun pourrait, à terme, concerner les 55 membres de l’Union africaine, soit 1,2 milliard d’individus, ce qui en fera la plus grande zone de libre-échange du monde. L’objectif étant de réduire les tarifs douaniers sur 90 % des produits et d’arriver à une augmentation des échanges de marchandises de 60 % d’ici à 2022.

Le traité constitutif de la Zlec, soumis à la signature et ratification dès mars 2018, propose de créer une zone de libre-échange au sein de laquelle les pays s’entendent pour abaisser les barrières commerciales, existantes entre eux. L’objectif est d’aller, à terme, vers une entité continentale qui ressemblera à l’Union européenne actuelle, c’est-à-dire vers une zone de libre-échange, doublée d’un marché commun caractérisé par la libre circulation des investissements et des travailleurs, et d’une union douanière qui implique une politique commerciale commune à l’endroit des pays extérieurs à la zone. Si les négociations sont bien avancées sur la question de la libre circulation des facteurs de production, elles s’avèrent particulièrement difficiles pour la création d’une union douanière. Pourquoi ? À cause des relations privilégiées que la plupart des pays africains entretiennent avec leurs partenaires européens et les nouveaux partenaires issus du monde émergeant, notamment la Chine. L’Union européenne, qui a servi de modèle aux Africains, est aussi partiellement une union économique, dotée d’une monnaie commune. Fort d’une population de plus de 80 millions d’habitants et entouré des neufs pays voisins, le Congo offre des opportunités de débouchés énormes pour des pays qui s’apprêtent à y déverser des produits de qualité. Cependant, l’économie congolaise est très faiblement industrialisée et n’offre pas non plus des produits compétitifs sur les marchés non seulement africains.

D’où, le premier défi à relever consistera à définir une stratégie efficace et mobiliser des ressources nécessaires pour diversifier l’économie dans une perspective de développement d’industries à plus forte valeur ajoutée tournées vers le marché tant local que régional.

Des analystes avertis sont d’avis qu’il serait suicidaire pour un État comme la RDC dont l’industrie n’est pas compétitive d’exposer son économique à la concurrence. Cela pourrait entraîner l’augmentation de ses importations sans être en mesure d’offrir en retour quoi que ce soit, étouffer les petits producteurs et faire perdre au trésor public la part considérable des revenus tirés des droits de douane.

Commentaires