Retour en prison de chef de la secte Bundu dia Kongo !

En RDC, Ne Muanda Nsemi, le chef du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo est finalement de retour en prison, quatre jours après sa réapparition surprise lundi aux côtés de Joseph Olenghankoy, le président du Comité de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre. Ce dernier, qui assure avoir négocié pendant des mois cette réapparition, plaidait pour un arrangement à l’amiable, mais le gouvernement a insisté pour que Ne Muanda Nsemi retourne en détention le temps au moins que la justice examine son dossier.


Au moment de son évasion spectaculaire de la prison de Makala, il y a deux ans, Ne Muanda Nsemi était poursuivi pour outrage au chef de l’État et incitation à la violence après des affrontements entre ses adeptes et les forces de l’ordre dans la capitale. Des faits pour lesquels il n’a jusqu’à présent ni été jugé ni condamné.

C’est tard jeudi soir que Ne Muanda Nsemi a finalement été reconduit en prison. Mais cela faisait plusieurs jours que la police le recherchait, selon le ministre de l’Intérieur par intérim Basile Olongo. Ne Muanda Nsemi restait introuvable à son domicile et c’est finalement par l’intermédiaire de Joseph Olenghankoy, le président du CNSA, qu’il aurait été retrouvé, affirme la même source.
Jusque-là, Joseph Olenghankoy s’opposait à son retour en prison au motif que le chef des Bundu dia Kongo s’était engagé à œuvrer pour la réconciliation au moment de sa réapparition et devait donc bénéficier, selon lui, de la « décrispation politique » en cours depuis l’arrivée au pouvoir du président Tshisekedi. « Décrispation ne veut pas dire impunité », répond le ministre Basile Olongo. Pour lui, Ne Muanda Nsemi étant un « fugitif », son retour en prison était un préalable avant de pouvoir commencer les « tractations ».

Ne Muanda Nsemi sera-t-il jugé ou bénéficiera-t-il d’une grâce présidentielle ? C’est toute la question désormais. Georges Kapiamba, président de l’Association pour l’accès à la justice, plaide pour que Ne Muanda Nsemi soit placé en « résidence surveillée » plutôt qu’en prison, le temps d’être auditionné, et le classement sans suite des dossiers à sa charge. Ce matin, il « salue » son retour en prison, mais assure qu’il est « souffrant » et devrait être transféré dans un centre médical, le temps que son sort soit réglé. Lundi, au moment de sa réapparition, il n’était pas apparu affaibli.

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