L’ODEP dénonce « le musèlement de l’inspection générale des finances (IGF) » !

Dans son rapport dit de contrôle citoyen de l’exécution du budget de l’Etat de janvier à septembre 2019, l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP), constate « la Faiblesse de la transparence et de la redevabilité, l'irrégularité des procédures et l’indiscipline budgétaire dominent. Pour l’ONG, cette situation est notamment due le musellement de l’inspection générale des finances (IGF) ». 


L’ODEP revient notamment sur l’affaire dite de 15 millions. En effet, le 17 août 2019, l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) avait demandé à l’inspection générale des finances d’effectuer l’audit de tous les décaissements des fonds du Trésor public en faveur de tous les ministères depuis l’investiture du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, jusqu’à ce jour. Il était également question de Saisir tous les bons de retrait de fonds émis par les différents ministères depuis janvier 2019. Il fallait aussi exiger de ces différents ministères tous les dossiers qu'ils ont initiés pour sortir ces fonds et faire les rapports circonstanciés sur lesdits dossiers.

Pour sa part, le Parquet général près la Cour des comptes avait estimé que l’audit de décaissements des fonds publics ne relève que de sa compétence et non celle de l’ANR. Aussi, le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi avait décidé de mettre fin à cette mission d'enquête accusant l'IGF de n'avoir pas informé au préalable la présidence de la République. Ensuite, l’ODEP note aussi l’interdiction par Vital Kamerhe, le 24 août 2019, de la mission de contrôle des dépenses publiques allant de janvier à ces jours ; le blocage, le 2 septembre 2019, de la mission de contrôle des entreprises membres de la fédération des Entreprises du Congo (FEC), notamment la BRALIMABRACONGOCOMEXAS, CENTRAL MOTORS et SOCIR ; l’interpellation et l’audition des inspecteurs des finances chargés de mener l’audit sur les dépenses publiques. 

« Ces faits ont porté un coût dur aux entraves de la lutte contre la corruption, détournement de fonds publics, évasion fiscale, enrichissement illicite, blanchissement des capitaux en RDC, prônés par le président de la République. Pourtant, les articles 121 et 122 de la loi relative aux finances du 13 Juillet 2011 donnent à l’inspection générale des finances la compétence générale en matière de contrôle des finances et des biens publics », explique l’ODEP.
L’ODEP, recommande ainsi au Chef de l’Etat de réhabiliter la fonction de contrôle tout en donnant des moyens à la Cour des comptes, l’inspection Générale des Finances et à la Direction Générale de Contrôle des Marchés publics, pour lutter contre la corruption et améliorer la gouvernance des finances publiques.

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